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LE COLONEL SUSPICIEUX est un texte monolithique qui ne respecte ni la syntaxe, ni la grammaire françaises. Il est construit en hurlement, en cri, en urgence. Je ne pouvais commencer à écrire qu’après avoir écrit cela. Il y avait à l’intérieur de moi une pression, une révolte qui ne pouvaient sortir en mots bourgeois ou en phrases bien faites. Le texte ne contient aucune ponctuation comme un souffle qui ne saurait arrêter.
Je voulais aller vite et loin. Les mots n’étant parfois pas assez forts, j’ai décidé d’en inventer. Ils sortaient malgré moi :
…
ils sortent aggravés vergonds et déjà prenanciers et ils n'ont plus la voix
l'hallala sevestre ou l'être pissenlit ils sont déléchés puis noyés alala
ils sortent ils évoquent la pondérable cuisse sous-dite en eux en dernier lieu
d'abond les algos les absents…
LE COLONEL a été écrit en quatre ans. Chaque mot aimante le mot suivant ou en contient le germe. C’est une langue codée.
Avant la compréhension du mot ou de la phrase, il y a le son, la vibration de la voyelle, l’action de la consonne dans l’espace intellectuel vide.
Pourquoi un colonel ?
Je suis né en 1955 dans la France d’avant. La France du Général De Gaule. Comme Artaud je ne l’écris qu’avec un seul « l ». Une France d’uniformes et de bonne conscience, une France coloniale.
…
c'est le petit chien-chien de la guerre venez la chair ce mot laid ce mot
unicolore le tigre mot qui lime en collectant la joie et galonne la pensée
ainsi tu fus un parfait fossoyeur de
règles et semble que tu aurais fait part ponctuelle de ta propre criminalité…
En choisissant un colonel je mets en scène le Français et sa France. Comment cette France d’avant va devenir la France d’aujourd’hui. Comment va-t-elle redresser sa colonne ?
… soulevons la raie publique vivante la grande
mémé aux pesants aloyaux car ses fils n'aiment que la viande et ils s'y
connaissent dans la bidoche et que même ils s'y reconnaissent douce et
chronologique france la chasse et le gibier versaire de la grande fête aux
rognons c'est là qu'ils se rendent pleins de ventricules intentions beau comme
l'amiral culotte sur l'avenue dans le vel
avenir celui du pâté de campagne et de la terrine de brochet quelle liberté de
faits très'heures treiz'heures qui se passent à sustenter la toutoune et le
riquet encore qu'il faille tant faire qu'au travers de leurs ulcères et leurs
mauveaux ils croient encore alimenter l'antre et le sabre sans armer leurs
conversations ou rassurer l'apatrie lovée de petits cubes dem sous la langue et ranimer la congéniture d'où s'exhale
inlassablement une plèbe odeur de calmant non je ne suis pas tendre avec les aéroplanes puisque
je possède encore quelques acres de fer et un droit orphelin qui de qui s'est
jeté tôt dans le tricorps perdant de l'écriture franche…
Au dessus d’un colonel, il y a un général, au dessus d’un général un
général une étoile etc. Au dessus de quelqu’un il y a toujours quelqu’un et au
dessus de tous ces gens s’opère la machine internationale de l’argent et de la
guerre. C’est exactement la position d’un prolétaire qui donnerait son avis sur
un événement lu dans le journal. Une idée du vide absolu.
… nous sommes bouleversés faute de blanc de flanc
or nous sommes bouleversés et morts filmés à la troucondécence pour les bons
génères que nous sommes version domptable de manillon ministère de moelle logé
quelque part en aval qui ne lâche plus son euphorie bouleversés oui nous sommes là confonds dans
l'image dégueulant au passage les évènes papillons qui préciseront parfaitement
les couleurs de l'autrui encore pâle et vertical…
Ce colonel dit tout ce qu’il pense parce
qu’il est colonel. Il a été élevé comme ça. Quand il parle on écoute. Il en a
long à dire. Il a des idées là-dessus.
… le vrai boucher élève la bête rose et célèbre
l'étable en mots veaux français connus sous la mère avant de prétendre entrer
dans la vraie cochonnerie parlez-moi de
territoire vaincu et de danses allemandes j'en accuse le spectacle la
tiraillerie mécène de l'ambre ficelle les conjonctions ont un air imbécile en
état de cirque le revenir d'un astre berbère…
Il vide son sac. Il sent que quelque chose
est proche. Une libération de son état. Qui aurait-il été s’il n’avait pas été
colonel ? Poète peut-être ?
Fiacre
tombé
en joie n'omettons pas la joie
le
raisin à manches courtes
plantine
en tête éviandée dans la cour
frangine
saison
en
ridelles promises tu mens dans l'ambre seuil
pour
pimenter ta phrase à l'instar de l'uvée sodée
dévot
de la ian-iande mangeur de poupou
moineau
de la paye
avec
une voix de parking qui vaille que travaille
pour décrocher la
timbale des jours
Il parlera 55’ et parviendra pour la
première fois de sa vie au lyrisme total. Cette transe et la conscience de sa
mission en feront un visionnaire. Après avoir réglé tous les problèmes de la
France et aussi ceux de sa mère et de sa sœur, après être repassé par son
enfance avortée, après avoir servi la France, il se trouvera en face de la vie.
Cette intimité qu’il avait protégée toute sa vie sera débordée par la France
d’aujourd’hui.
… dem je vous aime comme les herses lunaires à la fois
tendres et pleins d'aiguilles multipliées sur mon lin brûlant je pense dormir
sous la cendre et chorégraphier l'envie de sortir pour mâcher ensuite des
champignons de chair qui danseront revers et avenus pour dompter de leurs
bouches ovides un amour qui s'est plaint de nous tous jeunes et saphos en deuil…
aborder
le texte
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Il est indispensable de commencer par une étude étymologique, même sommaire. Evoquer les origines d’un mot (le latin ou le grec la plupart du temps), décortiquer un mot comme un animal, la tête, le corps, les membres et la queue deviennent le préfixe, le radical, le suffixe ou désinences.
innocent =
innocens –entis (latin) = in + nocens = qui ne nuit pas
microscope =
mikros (petit en grec) + skopein (examiner en grec)
magouiller = marga
(gaulois) boue = patauger, salir
auriculaire =
auricula (oreille en latin) doigt qu’on peut se mettre dans l’oreille
compter =
computare (latin)
hot-dog = hot
(chaud en anglais) et dog (chien) allusion plaisante au basset
Après quelques exercices on saisit mieux la segmentation des mots et le puzzle quasi infini qu’ils proposent.
Les
poètes ont recours à l’homonymie ou à la musique des mots qui suggèrent des
paysages ou des intentions intérieures indescriptibles.
Prenons
une poésie du COLONEL et numérotons les vers :
1* Fiacre
2* tombé en joie n'omettons pas la joie
3* le raisin à manches courtes
4* plantine en tête éviandée dans la cour
5* frangine saison
6* en ridelles promises tu mens dans l'ambre seuil
7* pour pimenter ta phrase à l'instar de l'uvée
sodée
8* dévot de la ian-iande mangeur de poupou
9* moineau de la paye
10* avec une voix de parking qui vaille que travaille
11* pour décrocher la timbale des jours
1* Saint
Fiacre est le patron des jardiniers. Le premier bureau de location des voitures
de place fut établi à l’Hôtel Saint Fiacre, rue Saint Antoine, à Paris en 1640.
Fiacre était un ermite d’origine irlandaise. Son nom celtique est Fiachrach qui
vint dans le diocèse de Meaux vers 600-670. En prononçant ce seul nom propre,
le colonel évoque le pèlerin, les siècles qui passent. Derrière le mot on
entend le bruit des chevaux.
2* joie =
gaudere (latin) prendre du plaisir. Tombé en joie fait naître l’image
d’une course joyeuse frustrée. Comme un cheval se cabre devant la falaise et
tombe en joie. Ou bien un homme qui rit et reçoit une balle en pleine tête. Et
malgré cette image le colonel demande qu’on n’omette pas la joie.
3* le
raisin est le fruit de la vigne. Le mot n’est pas sans analogie avec la résine
des arbres. Le cep, le tronc ne sont pas sans rapport avec l’arbre de vie des
origines. Les manches courtes sont un hommage à la prime jeunesse.
4* plantine
est un mot inventé pour désigner un petit arbre, une idée fixe, quelque
chose que l’on plante, un conte, une contine,
une tante, une tantine... éviandée mise de la chair à nue, c’est
la jeune plante qui arrache ses feuilles dans la cour. Est-ce la cour des
grands ?
5* frangine
est soit la sœur soit la frange. Saison indique la période. Est-ce
une période de l’enfance marquée par la tutelle de sa sœur ? Ce gamin
turbulent dans la cour avait-il une frange qui lui donnait un côté
adorable et rebelle ? Ou bien était-il sans cesse au bord d’un précipice
imaginaire ?
6* l’ambre
seuil a plusieurs interprétations : cet enfant en pleine lumière est
observé par l’homme qu’il deviendra. L’ambre devient l’ombre poétiquement. Le
seuil est le passage futur. Mais aussi ce colonel est sous les projecteurs et
nous parle. Il n’ose pas dévoiler l’enfant qu’il était et se trouve donc à
mentir dans l’ambre des projecteurs. Le seuil est alors la frontière
infranchissable entre les spectateurs et l’acteur. On comprend alors les
ridelles promises qui seront les premières marques de la maturité de son
visage.
7* pimenter
n’est pas sans rappeler la sonorité de mentir et que le piment
(l’humour, le mystère) est réservé aux adultes. Cela veut dire aussi
qu’aujourd’hui le colonel n’est plus un enfant, il ne sait plus jouer, il ne
sait faire que de belles phrases pimentées. Instar est un mot qui lui
plaît à la place de, il y a institution dedans, instaurer, on peut
entendre une star aussi. On peut y entendre prétentieusement Istar
la déesse du ciel chez les peuples sémitiques. L’uvée rappelle le
raisin, c’est la couche pigmentaire de l’iris, donc l’œil, sodée veut
dire qui contient de la soude et la soude est produit utilisé jadis dans les
industries de blanchiment.
8*
traduction : hommes voués à la viande, carnassiers, avaleurs de soupes
obligatoires. Allusion aux repas de famille ou au réfectoire, à la cantine
militaire
9* moineaux
pour petites choses volatiles. Comme on jète du grain les moineaux
arrivent. La paye est le salaire de fin de mois, l’échéance, la becquée.
Le mot paye rappelle le patois peille qui veut dire torchon, bout
de rien
10* toutes
ces voix électroniques qu’on entend partout. Le parking est un espace désert et
dangereux, case anonyme où on gare sa petite voiture
11* vaille
que travaille jeu de sonorités. Entre la santé (vaille = aller) et l’instrument
de torture (trepalium en latin). La timbale des jours évoque
l’inaccessible bonheur, la fortune. C’est le tacotac, le tiercé, la loterie
nationale, le miroir aux alouettes.
Voilà
pour le détail et c’est ainsi qu’il faut aborder le texte du COLONEL
SUSPICIEUX. Aucune autre lecture n’est possible. Ce texte est livré sur le
papier comme une pierre de taille, un témoin. C’est au microscope qu’on en voit
l’irisation et l’histoire. De loin c’est encore un menhir.
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les écrous démontrés les
mots sont ici pris comme des outils, des vis, mais ce sont aussi des inscrits
sur le registre d’une prison, celle du langage, « par le moyen de la vis,
la clef tourne dans l’écrou » où les mots
s’accouplent et prennent distance comme
on met ensemble les bœufs sous le joug pour qu’ils révèlent un sillon les monstres écroués en mots clairs nous, pauvres animés sous la tutelle condamnés à
parler clair ont la
tournite et la loggia en allusion au
« tournis » qui est la maladie des bêtes à corne, par analogie la
loggia est la maladie bourgeoise (logis – loge – logo) non la vérité vorace sans chemise sans pantalon l’aliénation sociale nous voile toute approche de la
simplicité, de la pureté, du corps à poil que le bon cru des jours d’exulte on
est saturés de fêtes, de dîners, de commémorations, d’anniversaires, de St
André et on rit peu, on jouit peu ensemble ces sourds pas assez terre le
langage arrive à un point de surdité, de vacuité, il suffit d’être attentifs
aux paroles prononcées à la télévision pour en être convaincu, ils ont perdu la
racine à la terre, ne peuvent plus rien dire, ne font plus naître, n’ont plus
de véritable pouvoir, plus de sens cher
maintenant qu’il fait chaud font anniversaire alors qu’aujourd’hui brûle parce qu’il est
l’aujourd’hui et que nous sommes avec, ce temps est cher et nous ne faisons que
des anniversaires, anni – l’anneau, versaire - pour verser, c’est-à-dire une
involution et
tournent puis comme vautrés dans l’amène et la volence encore cette maladie circonvolutive qui réduit
demain à un adverbe seul, mieux vaut tourner sur soi-même que vivre de face et
se vautrer dans la déculpabilisation par amen et autres mantras, la volence est
ici la superficialité au
comble sonorisent et déversent tout un vocabulaire quand les sociétés sont cèdent à l’hystérie, elles
savent organiser des rassemblements, des messes sonorisées, des meetings, des
matches, des colloques au cours desquels des slogans sont distillés, des
discours prononcés, qui servent à instiller des chaînes et des menottes de
pensées un salaud de chien vocal le chien qui est le cerveau traîné dans sa boue rote
sa folie entorse antique dans la
semelle d’une poupée contrite de mots c’est
la vieille ruse de toutes les sociétés, le talon d’Achille, la société est ici
comparée à une poupée gonflable et dégonflable à merci, taxables et corvéables
à merci, disait Talleyrand à propos des sujets du Roi, cette poupée fabriquée
de toutes pièces par l’inconscient collectif qui délègue ses pouvoirs de peuple
à des représentants saouls de pouvoir et donc atteints de mégalomanie par la
force des choses, cette poupée, donc, en arrive à la contrition sucrée, la
confiture de foi et de morale qu’elle exprime en mots (code civil, code pénal,
et tous les autres codes) et dès
que ça sortait oui quand enfin il se
passait un mouvement libératoire exorcisait
le libre et l’amour pour un piège avec la paix cette société poupée devenait une tigresse pour
enfermer la liberté et castrer l’amour en créant une menace (insécurité,
dévaluation, maladie, guerre, les armes de la terreur sont nombreuses et
tolérées), la plus grande panique étant toujours créée par l’insécurité du
foyer, celle de l’enfant, de l’épargne et de la santé de sorte rapide comme énième exécution du jeu et de
l’échec c’est la mille et unième fois,
pour ceux qui ont de la mémoire, qu’on assiste à ces manipulations des pouvoirs
en place et ça devient fatiguant car on sait que c’est vain
tout ce que la chapelle sixtine lâche de misère aux
formes brille par codes de vieux routiers le mot « chapelle » a des racines communes
avec la tête « capa », le chiffre 6 n’est pas choisi à tort, les
beaux travaux de Michel Ange, à la solde des manitous emplumés, n’ont fait que
mettre une chape sur la possibilité d’un développement ultérieur de la culture,
ce plafond est une porte qui n’ouvre sur rien. On comprend facilement la
révolte de l’homme qui, de plusieurs coups de marteau, a voulu briser la Piéta
du même Michel dans la Basilique St Pierre à Rome. Tous ces soi-disant mécènes
n’ont fait qu’une grande campagne électorale, Michel Ange c’était de la bonne
propagande. On a les mêmes aujourd’hui eux raôutent et jalonnent du mou ils bouffent et ne font
que barrer la route de la soif et de la faim par la stérilité eux
codifient ce monde seul ils obstruent la pensée jusqu’à la solitude c’est tout ce qu’il y
a un style resté pour humain la compagnie de trace pourvant être léchée et le
conter mondain à l’humain à qui montrer la raie la pieuvre rosse des mots comme
encore ça me paraît
clair à la lumière de ce que je viens de dire, pourvant parce qu’ils ne sont
que des pourvoyeurs, la pieuvre rosse c’est encore la poupée transformée en
araignée à huit pattes, le cancer du langage et de la communication, encore est
employé ici par dérision, comme si cela ne suffisait pas.
ça démène l’état de bonté l’état d’ulcère l’entretien
du prolétariat, étage antépénultième de la folie, crée des vices qui rapportent
et conduisent à l’occlusion la milice probabilité sur les bases à force
de surveiller l’au delà et de la craindre, la trouille installe des bases
mortes et constitue des milices destinées à procréer des filons sur les bases ça
sent la commune ça ne sent plus, l’odeur commune est d’avoir des traites,
peu d’espace, aucun avenir, un pavillon avec un garage, de prendre un métro
pour aller travailler, de payer ses impôts, ou des impôts qu’on fait siens, et
le pire… ce qui part en leurs verges en distances de bergers l’homme
fort de sa queue qui procrée installe des moutons sur le plateau, le grand
berger est l’archétype du gouverneur, un sur lui, père, frère qu’il n’a pas eu,
ce lui qu’il n’a pas pu advenir là juste là réside encore carrelé le
syndrome de Descartes est encore vivant, ils l’ont installé pour des siècles,
c’est toujours ça de gagné car ils veulent tout carreler la veule jardinière
quand on a la gueule pavée on ratisse des jardins, on met des barrières,
des grillages, on a des aquariums et toute sorte de choses ils veulent tout
grillager absolument même l’écriture repeindre les plâtres haussés de leurs
faces apprises quand j’étais au Lycée Guy de Maupassant ils voulaient
honorer le patron et ils avaient lancé un concours interne , le portrait du
patron, tous ceux qui avaient envie de dessiner faisaient des heures
supplémentaires avec le ou la prof, comment ça s’appelait déjà, d’art
plastique, ça me revient, et ils nous avaient foutu des grandes pages blanches
qu’on devait quadriller pour recopier carré par carré le motif en petit pour le
restituer en grand, c’est là que je me suis rendu compte qu’ils m’avaient
appris à apprendre ma face, ils abandonnaient la leur pour une grande icône,
celle-ci ou une autre pourvu qu’elle soit morte ou sortie de leur monde, il n’y
a de place que pour eux. Quant aux plâtres, ce sont les mêmes que ceux de la
Chapelle Sixtine, et que je te restaure le couvercle de la marmite, il faut
attendre que tous mes petits copains soient morts mais pendant ce temps-là, ils
auront fait d’autres passe-droit et on n’en finit pas la langue et le
boulier aussi qu’ils récurent d’un doigt repu tous ces grands messieurs,
ces dirigeants de tous bords parlent et bouffent beaucoup, le boulier a ici le
sens soit de la cage à pomme d’Adam, soit de la cage à slip et qu’ils
voudraient sans oublier le sens complet la colle oui la gravité de la colle amusement
du langage : la colle c’est l’engluement, ils vont même jusqu’à étudier la
gravité de cet engluement sans rien y changer et à tout moment le vent de la
suive sonde le nombre et chiffre le spectacle des pensées il n’y a pas un
instant de répit, à chaque instant les émules et les esclaves de ces écoles de
pensées sondent le nombre et chiffrent le spectacle des pensées, je ne sais
comment le dire autrement en faisant moins mal maintenant je n’expliquerai que
lorsque cela me paraîtra vraiment obscur mais pas assez pour qu’elle la
pensée puisse troubler ou turgir si cela existe les mots de son cru il
serait temps que la vraie pensée bande en nous le taux de salinité qui parle
avec la dent allusion à ce qu’il y a de dur et de durable dans notre
squelette, les dents, les os, l’émail, l’ivoire, le sel, les cristaux de pensée
dans l’autre surtout situé hors de soi qui veut faire avancer
l’être-vent-rouille acharné qui n’a plus de sillon de triant si je récapitule,
il y a une conspiration des pouvoirs qui ne veut plus se mouiller et faire
travailler l’autre dans des espaces dangereux car l’élite a beau se placer dans
des sphères supérieures, elle est toujours tributaire d’un travail sale et
primaire qui doit continuer en dessous. Regardons l’ironie sur les trottoirs,
telle bonne femme ou tel bonhomme au volant de sa bagnole qui attend au feu
rouge et sourit en démarrant. Il te crache à la gueule tous ces oxydes de plomb
dans sa bagnole climatisée, équipée des derniers ordinateurs, mais qui n’est
qu’une carcasse de métal qui fait prout-prout. C’est vanité. L’homme va ainsi,
orphelin de ses racines, oubliant demain et construisant un passé qui nous
rattrape car tout tient au jour d’ombre d’une fanée qui pousse encore c’est
la vie, la fanée, ils ont fané la vie, ils ont mis de l’ombre entre le soleil
et nous, et, généreusement, ça pousse encore, leur mort pousse
un grand défilé pour le texte
angélique vider l'avers de certains yeux convertis comme britanniques Angélique
est ici une secrétaire, les grands hommes s’exercent sur des cobayes en nylon,
mais le grand défilé est aussi la longue liste poétique, la résistance
angélique, on part en guerre contre la pudibonderie anglo-saxonne, ce qui est
sûr c’est que la secrétaire du colonel suspicieux ne s’appelle pas Frida mais
Rita c’est autre chose comme si cette fonction somptuaire avait fini par
s'entendre avec l'intestine même comme si l’organisation militaire et
sociale avait pu résoudre leur peur de la mort, ils organisent même la mort,
ils la range la cherche ne pouvait oublier un pan de cette possibilité folle
de l'être la vie folle a créé des monstres parce que c’est aussi la vie, le
reste du paragraphe est compréhensible, non ?
Pour le
reste, à l’imaginaire vengeur de chacun.